Quelles sont les causes de la cataracte ?
Physiopathologie
Le cristallin est un organe encapsulé, composé d’un épithélium cuboïde antérieur qui se différencie dans la région équatoriale et participe au cours de la croissance à la formation de couches concentriques de fibres, aboutissement de la différenciation terminale des cellules épithéliales (perte du métabolisme aérobie). Le noyau contient les fibres les plus anciennes, sans activité métabolique. Le cortex, formé des fibres les plus jeunes, est le siège d’une activité métabolique intense contribuant au transport actif de cations au travers de l’épithélium antérieur. La perturbation de cette activité contribue à perturber l’homéostasie cristallinienne et s’accompagne de modifications cytoarchitecturales et biochimiques, entraînant l’opacification progressive et irréversible (sauf rares exceptions) du cristallin. Dans les cataractes corticales, l’accumulation de liquide hypooncotique dans les espaces intercellulaires, d’indice de réfraction inférieur à celui des cellules, occasionne la formation de zones focales de diffraction. Dans les cataractes nucléaires, la dispersion de la lumière est principalement causée par la formation d’agrégats protéiques de très grande taille (> 5 méga daltons).
Facteurs de risques systémiques
Le diabète est la principale affection associée à la formation d’une cataracte précoce, parfois réversible initialement, typiquement sous la forme d’une opacification sous capsulaire postérieure, gênant rapidement la vision de près et la visualisation du fond d’œil.
D’autre causes systémiques peuvent contribuer à la formation d’une cataracte, et en particulier la corticothérapie prolongée, la pseudohypoparathyroidie, l’hypocalcémie, les aminoaciduries,
l’exposition aux radiations UV, infrarouges (souffleur de verre, haut fourneaux, boulangers) ou aux radiations X.
Facteurs de risques oculaires
L’inflammation oculaire (uvéite et notamment l’hétérochromie irienne de Fuchs), la pseudoexfoliation capsulaire, la myopie forte, les traumatismes oculaire (contusion, plaie, électrocution, corps étrangers intraoculaires métalliques de fer ou de cuivre), l’utilisation de tamponnement par huile de silicone ou par gaz en chirurgie vitréo-rétinienne, ainsi que les tumeurs intraoculaires (mélanomes, rétinoblastomes, métastases) sont les principales causes locales retrouvées dans les cataractes secondaires.
Facteurs de risque génétiques ou néonatals
- avec cristallin en place
Diverses affections métaboliques ou néonatales favorisent la survenue d’une cataracte chez l’enfant ou l’adulte jeune. On peut citer notamment la galactosémie, les déficits en galactokinase, l’hypoglycémie néonatale, le syndrome oculo-cérébro-rénal de Lowe (maladie des sclères bleues), la dystrophie myotonique de Steinert, l’ichtyose congénitale, le syndrome de Rothmund et la rubéole congénitale.
- avec subluxation du cristallin
Dans le syndrome de Marfan, l’homocystinurie, ou le syndrome de Weil Marchesani, la cataracte survient sur un cristallin déplacé du fait d’une laxité zonulaire anormale.


