retour à la page d'accueil





 

 

Complications de la chirurgie de la cataracte

 

Complications peropératoires

 

         Les complications peropératoires sont dominées par la rupture capsulaire postérieure, donnant parfois lieu à l’incarcération de brides vitréennes dans les cicatrices  (source de tractions vitréo-rétiniennes) et, du fait de la pression positive employée, à la luxation de fragments cristalliniens dans le vitré.  Cette complication, non exceptionnelle, notamment en phase d’apprentissage de la méthode, nécessite généralement l’intervention secondaire d’un chirurgien vitréo-rétinien spécialisé.

 

Complications postopératoires

 

          Certaines complications fréquentes autrefois, sont devenues plus rares, ou demeurent bénignes et transitoires.   L’inflammation postopératoire a été considérablement réduite par le progrès technique (incisions étroites) et l’utilisation systématique de stéroïdes potentialisés par les anti-inflammatoires non stéroïdiens topiques (indométhacine 0.1%, diclofénac 0.1%). L’hypotonie postopératoire et les déhiscences de cicatrice avec hernie uvéale ont pratiquement disparu du fait de l’avènement des incisions autoétanches.  L’hypertonie postopératoire est également moins fréquente, du fait de disparition des blocs pupillaires permise par l’implantation systématique dans le sac capsulaire, et de l’ablation systématique de la substance viscoélastique facilitée par l’irrigation/aspiration mécanisée. 

Parmi les complications sévères et rares, il faut citer l’endophtalmie (infection endoculaire) aiguë et destructrices lorsqu’elle survient dans les 7 premiers jours.   L’incidence de cette complication est de l’ordre de 3 cas pour 1000.  Elle se caractérise essentiellement par la douleur, la rougeur oculaire et la baisse brutale de la vision.  L’examen révèle une lueur pupillaire obscurcie,  une inflammation du segment antérieur et éventuellement une collection purulente déclive de la chambre antérieure (hypopion).  Un traitement doit être institué en urgence, après prélèvement endoculaire, par antibiothérapie synergique diffusible (voie systémique) et non diffusible (voie intraoculaire) afin d’éviter la perte fonctionnelle ou anatomique de l’oeil.

L’oedème maculaire cystoïde est la conséquence d’une inflammation oculaire prolongée, notamment en cas de rupture capsulaire.   Des séquelles  sont possibles et affectent parfois sévèrement la lecture.  Une traitement par anti-inflammatoires topiques et acétazolamide à faible dose est généralement prescrit pendant plusieurs semaines.

Le décollement de rétine survient avec une incidence accrue en cas de terrain prédisposant (forte myopie, antécédent traumatiques), de traction vitréo-rétinienne par rupture capsulaire peropératoire ou d’ouverture capsulaire postopératoire au laser YAG. 

         Le déplacement secondaire de l’implant procède généralement d’une complication peropératoire identifiée ou non (rupture du capsulorhèxis antérieur, implantation asymétrique à appui mixte capsulo-ciliaire, rupture ou distension zonulaire) ou parfois d’un design inadapté (implants navettes de longueur et de rigidité insuffisante).  Une réintervention peut être indiquée.

L’opacification de la capsule postérieure (cataracte secondaire) survient avec une fréquence variable.  Elle est favorisée par le jeune âge du patient au moment de l’intervention (100 % des cas chez l’enfant, et seulement 10% des cas après 70 ans.  En cas de baisse visuelle secondaire dans les années suivant l’intervention, un bilan permet d’éliminer une pathologie intercurrente (affection vasculaire, dégénérescence maculaire, glaucome).   L’ouverture de la capsule postérieure opacifiée, au moyen de quelques impacts de laser YAG pratiqués en consultation, permet le plus souvent de restaurer la vision postopératoire initiale.